Si l’on veut
donner à nos enfants, et descendants, un minimum de chances sur une planète à
peu près vivable ou tout au moins stable, il convient qu’un gouvernement mondial soit en mesure d’assurer quelques tâches de régulation tout à
fait essentielles. Et sans doute ainsi de changer le paradigme économique en
vigueur dans la mondialisation qu’on connaît aujourd’hui.
La régulation écologique
Régulation de protection et de sauvegarde, pour le partage et la répartition organisés des ressources “finies” de la planète (eau douce, énergies fossiles, etc...) du niveau local au plan mondial, et donc de l’organisation raisonnée des flux de leurs transports. Mais aussi par la conservation de la diversité biologique garante de la nôtre, par le maintien d’un niveau de la population adapté aux dimensions de celle-ci, de la production et de la répartition des ressources agricoles et alimentaires mises en perspective non plus seulement au niveau de sous-continents (comme par exemple la Politique Agricole Commune Européenne) mais au niveau de la planète entière.
La COP21 a bien
montré l’urgence de considérer que l’écologie (pour employer un mot générique)
ne peut être soutenue, maîtrisée, encouragée, sur le seul niveau local ni même
national ou continental et qu’un consensus mondial doit être réuni. Mais l’ONU,
organisateur de ces COP n’a aucun moyen d’en contrôler efficacement
l’application ni d’intervenir pratiquement pour que les nations pauvres ou émergentes n’en subissent les
conséquences les plus dramatiques.
La Régulation humanitaire
Véritable “protection civile” mondiale, en charge des
secours et du maintien de la paix entre les hommes, les peuples et les nations
et qui ne soit téléguidée ni par une ONU où le moindre veto d’un membre du
Conseil de sécurité bloque toute efficacité, ni par une super puissance aux
intérêts particuliers.
Alors que les secours et l’aide humanitaire se déclinent déjà au plan local, national et parfois international, il semble évident qu’une organisation globale capable de dépêcher automatiquement et sans états d’âme des spécialistes, des matériels et des vivres auprès de toute population en danger lors de catastrophes humanitaires de large périmètre (guerres, catastrophes climatiques, etc…), se comprend bien à l’échelle de la planète.
Alors que les secours et l’aide humanitaire se déclinent déjà au plan local, national et parfois international, il semble évident qu’une organisation globale capable de dépêcher automatiquement et sans états d’âme des spécialistes, des matériels et des vivres auprès de toute population en danger lors de catastrophes humanitaires de large périmètre (guerres, catastrophes climatiques, etc…), se comprend bien à l’échelle de la planète.
Il en va de
même pour la police et la justice. Celles-ci doivent, elles aussi, répondre à
des objectifs de maintien de l’ordre sur plusieurs niveaux, allant de la
sécurité domestique ou citadine (assurée par des institutions judiciaires et
les forces locales traditionnelles) jusqu’à la prévention des génocides et
autres guerres régionales ou mondiales, et à la répression du terrorisme de
masse (pratiqué par ceux dont les visées hégémoniques, religieuses,
nationalistes ou autres, ne peuvent aboutir par le simple processus
démocratique) et pour lesquelles la maîtrise doit être confiée à une
juridiction supra-nationale et à une force armée indépendante des états. On ne
parlerait alors plus d’armée mais de police du monde.
Un
gouvernement mondial fédéral, ou mutualiste, dont les attributions seraient
limitées exclusivement à ces deux domaines génériques de “l’écologie” et de la « protection
civile» (avec les corollaires indispensables), est la voie.
Le changement de paradigme économique et social
L'instauration de ces régulations au niveau de la planète conduira immanquablement à établir au sein de cette entité, fédérant toutes les
nations du globe, une redéfinition des principes archaïques d’hégémonie
territoriale, et partant de là, de la remise en cause du sacro-saint principe qu’on ne peut s’enrichir qu'en exploitant un peuple, une population.
Cette remise en cause, alliée aux gains de productivité dus à la science et à la
technologie, conduira, à terme, à la création d’un salaire universel octroyé
sans condition à chaque « terrien » pour subvenir à ses besoins
basiques (lien ici). A ce jour, l'Alaska l'expérimente depuis 1982, la Finlande l’a prévu pour Janvier 2017, la Suisse, les Pays-Bas
l’étudient fortement (Utrecht l'applique depuis 2015 et 30 autres villes hollandaises l'envisagent rapidement), la Namibie, le Brésil ou l’Inde l’ont déjà
mis en œuvre pour des populations ciblées...
Les rapports
entre les dirigeants d’entreprises et leurs salariés seront de toute évidence
réajustés sur un principe plus réaliste (et plus humaniste) mais tout autant
porteur de dynamisme et de développement maitrisé, car basé sur un contrat
social nouveau où l‘exploitation forcenée de l’homme par l’homme serait non
seulement ridicule mais improductive. Assuré d’un minimum vital, le travailleur
jaugera alors son implication dans son travail par ses vraies aspirations personnelles,
familiales et sociales. Et l’histoire nous a montré que ces aspirations au
« plus » (plus de créativité, plus d’ambition, plus de biens
matériels, etc…) sont une donnée intrinsèque de la nature humaine. Pas de souci
donc, il y aura toujours des Bill Gates et des Ford et des Peugeot et même des
Bettencourt… ! Et toujours
des ingénieurs inventifs, des artistes avant-gardistes, des managers astucieux,
des employés dévoués et plus sereins car sans pression excessive, des
travailleurs sociaux pour qui aider l’autre est la plus belle des aspirations,
etc…L'expérience durable de l'Alaska a montré que le taux de "désincitation" (oisiveté provoquée par ce revenu) était de moins de 5%.
C'est alors que le vorace indice de mesure de la vitalité des peuples, le fameux PIB (Produit Intérieur Brut), pourra être détrôné par le IDH (Indice de Développement Humain) à l’échelle planétaire. Cet indice existe bel et bien et est déjà largement utilisé par l'ONU pour évaluer le niveau de développement réel des habitants de chaque pays. Il prend en compte la santé/longétivité, le savoir/niveau d'éducation, et le niveau de vie/pouvoir d'achat. Pas aussi utopique que le PNB (Produit National de Bonheur) du petit pays, le Bouthan, qui l'applique pourtant et le promeut partout, surtout au Canada, il apparait quand même comme une façon franchement plus humaniste d'envisager les actions sociétales, économiques et politiques qu'un gouvernement, soit-il national ou mondial, se doit de prendre en faveur de son peuple! On reviendra sur ce point dans un prochain article...
C'est alors que le vorace indice de mesure de la vitalité des peuples, le fameux PIB (Produit Intérieur Brut), pourra être détrôné par le IDH (Indice de Développement Humain) à l’échelle planétaire. Cet indice existe bel et bien et est déjà largement utilisé par l'ONU pour évaluer le niveau de développement réel des habitants de chaque pays. Il prend en compte la santé/longétivité, le savoir/niveau d'éducation, et le niveau de vie/pouvoir d'achat. Pas aussi utopique que le PNB (Produit National de Bonheur) du petit pays, le Bouthan, qui l'applique pourtant et le promeut partout, surtout au Canada, il apparait quand même comme une façon franchement plus humaniste d'envisager les actions sociétales, économiques et politiques qu'un gouvernement, soit-il national ou mondial, se doit de prendre en faveur de son peuple! On reviendra sur ce point dans un prochain article...
Garante des
diversités culturelles, linguistiques, historiques, traditionnelles dans le
respect du bien commun des hommes et de la planète, cette république fédérale mondiale verra le jour, tôt ou tard.
Il ne peut en être autrement car, même si elle n’empêche pas tout conflit et
toute catastrophe naturelle ou humainement provoquée, elle seule pourra en
limiter les conséquences à large échelle.
Pour le
« quand », il faut laisser la réponse en suspens pour l’instant, tant
qu’on n’a pas border le « Sous quelle forme » et le
« Comment ».
« Sous
quelle forme ».
L'homme a expérimenté, au cours des quelques milliers d'années de son évolution, un grand nombre de "régimes politiques" : de l’anthropophagie tribale à
l’esclavage, de la féodalité au nomadisme, de la royauté de droit divin à la démocratie éclairée,
du capitalisme ultralibéral au communisme ultra dirigiste, de la dictature au libertarisme, et tant d'autres... Cela lui a forgé un
sentiment diffus mais réel que la bonne vie en société doit tenir compte à la fois de son identité
verticale (ses ancêtres et son histoire, sa couleur de peau, son sexe, sa
langue, sa culture, sa religion d’origine, etc…) et de son identité
transversale (le monde dans lequel il vit à l’instant T, entouré de la
technologie ambiante, des mœurs, des informations diffusées globalement, des
peurs et des espoirs du moment).
Et pour
cette raison c’est probablement la démocratie fédérale qui remplit le mieux
cette synthèse harmonieuse de ses deux identités.
La fédération
mondiale prendra certainement la forme constitutionnelle d’un parlement
bicaméral constitué d’une chambre des nations (nations entières ou régions ayant
choisi l’autonomie par rapport à leur tutelle précédente), où elles pourront
défendre leurs intérêts particuliers bien légitimes afin de préserver leurs
spécificités et leurs cultures, et d’une chambre des peuples élue sur le principe
d’un terrien adulte = une voix.
Ensemble ces
deux chambres contrôleront l’exécutif élu, lui aussi, au suffrage universel
(qui porterait alors bien son nom) mais avec des pondérations
constitutionnelles afin que les habitants d’une nation hyper peuplée ne
prennent pas systématiquement le pouvoir exécutif de par leur nombre. Pour cela,
la constitution suisse peut servir de modèle, qui dévolue à chaque grande
entité géographique un membre de l’exécutif. Ces 6 membres élus pour 6 ans sont
tour à tour chef du collège exécutif pendant un an chacun.
Dans notre
cas, on peut imaginer que chacun des 5 continents représente une entité
géographique. Mais on pourra certainement affiner pour plus d’équité et
d’efficacité. Les constitutionnalistes sont là pour cela ! Et la
constitution doit, de plus, être révisable sur ces points pratiques.
« Comment ».
Le XIXième
et le XXième siècles ont fourmillé d’idées. Des rousseauistes aux utopistes,
des républicains universalistes aux fouriéristes, des occultistes aux
monarchistes et bonapartistes, des communistes aux ultralibéraux... Tous se sont heurtés aux
nationalismes toujours ranimés à la suite de guerres de conquête ou de
revanche, d’hégémonies suicidaires de tyrans expansionnistes quand ils
n’étaient pas tout simplement mus par la présupposée suprématie de leur race
d’origine.
La fin de la
deuxième guerre mondiale a marqué un regain pour une gouvernance du monde qui garantirait que les horreurs vécues partout (ou presque) sur le globe ne pourraient
plus être possible.
Le mouvement
des Citoyens du Monde aurait pu être le ferment de ce gouvernement mondial
quand Garry Davis, son instigateur, interrompait la réunion plénière des
Nations Unies installée alors au Palais de Chaillot en 1948 et que Camus
relayait son message universaliste dans un café voisin.

Mais son
message ne fut pas relayé longtemps dans les médias et même si Albert Camus,
Albert Einstein, Charlie Chaplin, André Gide, Jean-Paul Sartre, André Breton,
l’Abbé Pierre participèrent un temps à ses conférences et prises de parole, les
idéologies et les préoccupations variées des uns et des autres les en
détournèrent.
Les Citoyens du Monde existent toujours comme association plurinationale mais elle végète par manque évident de moyens au point que même son site internet semble s'être fait phagocyter par des groupes fascistes et identitaires comme le sinistre Réseau Voltaire!
Aussi, il
est plus probable que la prise de conscience se fera par un autre biais plus
dynamique (espérons que ce ne sera pas à nouveau à la suite d’une guerre
mondiale sanglante...). Pour cela, il faut des leaders d’opinion crédibles,
communicants convaincus et un commencement de rassemblement planétaire par
entités supra-nationales de base.
Je crois,
pour ma part, en effet, que de grandes entités géographiquement et
économiquement homogènes vont se former et donneront ensuite naissance à cette
supra-nationalité mondiale de l’écologie et du maintien de la paix.
Il est
indéniable que le chemin que les 28 pays européens ont déjà parcouru ensemble pour
fonder l’Union Européenne est une preuve (encore fragile et timorée) de ce
regroupement de nations en Europe, mais observons aussi l’entité
Canada-USA-Mexique, celle de l’Amérique du Sud qui regroupe le Brésil,
l’Argentine et quelques autres pays, mais aussi en Asie où les rapprochements
entre la Chine, l’Inde, le Japon et la Corée sont patents, et en Afrique où il
ne manque que quelques leaders charismatiques pour provoquer une mutualisation
des ressources et des réseaux de communication pour qu’un embryon d’entité voit
le jour. Et même ce qui se passe actuellement dans le Moyen-Orient et le monde
arabe dans sa globalité, de façon désordonnée, violente et sanguinaire, amène à
penser qu’une recomposition de cette région est à l’œuvre.
Or ces
entités géographiques, toutes concernées, constatent bien vite leur
impuissance, quand une guerre impitoyablement sanglante jette des millions de personnes sur les chemins d’un exil où bientôt nul ne pourra les
accueillir faute de ressources sociales, alimentaires ou énergétiques...lorsque
le réchauffement climatique et la montée des océans risquent de produire les mêmes effets, ou lorsqu’un
volcan recrache (comme cela s’est déjà produit) des milliards de tonnes de
cendres dans l’atmosphère, influant sur la santé, sur l'économie, sur la survie
de milliards de personnes vivant à des milliers de km de là.
Il faudra
bien alors se rendre à l’évidence (et cette prise de conscience peut être
rapide) que seule une entité supra-nationale et mondiale peut régler ces
problèmes.
Il n’est pas
sain que ces enjeux soient seulement envisagés, comme aujourd’hui, sous l’angle de quêtes de charité sur la
voie publique pour des ONG diverses et variées (sans hiérarchie des besoins,
sans plan global: je donne plus pour le tsunami que pour le Darfour, plus pour
le Sida que pour le virus d’Ebola, etc...) ou à la discrétion, certes généreuse, de grands
milliardaires internationaux qui, avec leur fondations philanthropiques,
peuvent eux aussi agir sur un domaine plutôt que sur un autre, abandonnant tout
un secteur d’action par conviction religieuse, personnelle ou par simple désinformation.
Ces enjeux
doivent être réglés sur un plan mondial avec toutes les règles de transparence
que la démocratie peut assurer.
Cette prise
de conscience à partir des entités géographiques, historiques et économiques homogènes
sera une obligation autant par souci d’efficacité que de principe de survie.
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